Malgré la loi martiale, le contrôle fiscal des entrepreneurs se poursuit, bien que sous une forme adaptée. Au début de l’invasion à grande échelle, tous les contrôles ont été totalement suspendus, mais l’État les a progressivement repris, de manière limitée, tout au long de l’année 2022. Aujourd’hui, la tendance est à la hausse des sanctions, et les avocats de NASLEDIUM expliquent quels types de contrôles sont autorisés et comment ils sont effectués.
L’administration fiscale est habilitée à effectuer deux principaux types de contrôles auprès des entrepreneurs individuels : les contrôles documentaires, effectués au lieu de stockage ou de dépôt des déclarations, et les contrôles sur place, réalisés directement sur le lieu d’activité. Ces deux types de contrôles sont régis par les dispositions du Code des impôts. Les contrôles programmés restent en vigueur : le Service national des impôts a déjà approuvé le calendrier pour 2025, qui inclut également les entrepreneurs individuels. Des contrôles inopinés sont également effectués, mais uniquement pour les motifs clairement prévus par la loi.
Outre les autorités fiscales, les entrepreneurs peuvent faire l'objet de contrôles de la part d'autres organismes de contrôle étatiques. Le Service national du travail est habilité à vérifier les relations de travail, l'enregistrement des employés et le respect des normes de protection du travail. La Caisse de retraite analyse les rapports soumis et coopère avec le Service national des impôts et le Service national du travail. Les collectivités locales contrôlent les activités commerciales, l'aménagement paysager et la validité des permis requis.
Bien que le décret présidentiel n° 538/2025 ait instauré un moratoire sur les inspections injustifiées, il ne les supprime pas totalement. Les inspections sont autorisées en cas de risque d'infraction, si l'entrepreneur est inscrit au registre annuel ou s'il existe un fondement juridique pour une inspection inopinée. Par ailleurs, dans les zones de conflit, certaines restrictions s'appliquent, ce qui allège partiellement la pression des contrôles sur les entreprises. Cependant, même les micro-entreprises ne bénéficient pas d'une exemption totale de surveillance.
Les inspections inopinées sont menées conformément à l'article 78 du Code des impôts. Le plus souvent, ces contrôles concernent des réponses tardives ou ignorées aux demandes de renseignements fiscaux, la réception d'informations sur d'éventuelles infractions, ainsi que la restructuration ou la liquidation de l'entreprise. Il arrive fréquemment qu'un entrepreneur individuel soumette des déclarations de TVA pour remboursement.
La fréquence des contrôles dépend du niveau de risque déterminé par l'administration fiscale. Les entreprises à haut risque peuvent être contrôlées jusqu'à une fois par an, celles à risque moyen une fois tous les deux ans et celles à faible risque une fois tous les trois ans au maximum. Pour les entrepreneurs individuels relevant du régime simplifié (1 à 2 groupes d'entrepreneurs individuels), les contrôles effectifs ne sont programmés qu'en présence de plusieurs facteurs de risque, tandis que les contrôles planifiés ne sont possibles que s'ils sont inscrits au calendrier officiel.
Il est conseillé aux entrepreneurs de se préparer à l'avance aux éventuels contrôles. Pour ce faire, ils doivent tenir à jour leurs contrats clients, les certificats de travaux effectués, les relevés bancaires, les justificatifs de paiement, les déclarations d'entrepreneur individuel, les extraits du Registre national unifié des sociétés, ainsi que leur livre de comptes, le cas échéant. Si l'entrepreneur individuel emploie du personnel, il doit veiller à l'exactitude des documents relatifs à ce personnel. Disposer d'un dossier complet permet d'éviter les amendes et de prouver la légalité de l'activité.
Le plus souvent, les inspecteurs vérifient la réalité des revenus, notamment si les montants déclarés correspondent aux opérations réelles. Une attention particulière est portée à la gestion de la trésorerie et aux opérations bancaires afin de déceler d'éventuelles transactions non déclarées. L'enregistrement des employés et le respect des conditions du régime fiscal simplifié font également l'objet d'un suivi rigoureux. Pour les entrepreneurs individuels travaillant avec des clients étrangers, le respect de la législation sur les changes demeure essentiel.
En temps de guerre, le contrôle fiscal s'est poursuivi, mais est devenu plus ciblé et axé sur les risques. Cela permet à l'État de lutter contre la fraude sans pour autant exercer une pression excessive sur les entreprises légales.
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