L'activité des entreprises ukrainiennes a fortement ralenti en octobre, selon les résultats de la 42e enquête mensuelle de l'Institut de recherche économique et de conseil en politiques publiques (IER). L'indice de reprise de l'activité économique (IRAE) a chuté à 0,03, tandis que la part des entreprises fonctionnant à pleine capacité a diminué de moitié pour atteindre 6 % – une première depuis juin 2024.
L'enquête, menée auprès de 465 entreprises industrielles du 22 au 31 octobre, révèle une nette détérioration de la situation, tant pour les grandes que pour les petites entreprises. Selon Oksana Kuzyakiv, directrice générale de l'IER, ce sont les grandes entreprises qui ont enregistré la baisse la plus importante des indicateurs, tandis que les petites et micro-entreprises sont en difficulté depuis longtemps. Un léger rebond a été observé uniquement dans les entreprises de taille moyenne, mais la dynamique globale reste faible.
L'un des principaux indicateurs a été la forte variation du taux d'utilisation des capacités de production : la part des entreprises fonctionnant à 100 % a diminué, passant de 13 % à 6 %. Parallèlement, la part des entreprises fonctionnant entre 75 % et 99 % a augmenté, atteignant désormais 59 %. Cette détérioration a également touché le secteur des exportations : l'indice de variation est passé en territoire négatif pour la première fois depuis début 2024, passant de +0,19 à -0,02. La part des entreprises signalant une baisse de leurs exportations a augmenté pour atteindre 21 %, tandis que le nombre de celles signalant une hausse a diminué à 15 %.
Autre signal alarmant : la forte augmentation de l'incertitude. Plus de 43 % des répondants ont déclaré être incapables d'établir des prévisions à deux ans, soit le chiffre le plus élevé enregistré lors de cette enquête. L'incertitude quant à la situation financière et économique à moyen terme a atteint 20 %.
Les perspectives à court terme se dégradent également : les indices des ventes et des nouvelles commandes sont en baisse, et le délai moyen de livraison des commandes s'est raccourci à 4,1 mois. Parallèlement, la pression des problèmes limitant l'activité des entreprises s'accentue. La pénurie de personnel demeure le principal problème, signalée par 59 % des entreprises. La pénurie de main-d'œuvre non qualifiée est particulièrement criante, comme l'indiquent 34 % des entreprises.
Le problème de sécurité reste d'une importance constante : il est mentionné par 49 % des répondants. Dans le même temps, la situation de l'approvisionnement en énergie s'est considérablement détériorée en octobre : 19 % des entreprises se sont plaintes de coupures, contre seulement 4 % en septembre. Il s'agit du chiffre le plus élevé depuis janvier 2025. En raison de ces coupures d'énergie, 22 % des entreprises ont été contraintes d'interrompre temporairement leur activité.
L'évaluation de la politique économique du gouvernement reste prudente : 21 % des répondants ont exprimé une opinion négative. Les industries tournées vers le marché intérieur, comme l'agroalimentaire, demeurent les plus résilientes face à la situation actuelle. En revanche, les secteurs dépendants de l'exportation, tels que la métallurgie et la transformation du bois, montrent une vulnérabilité accrue, ce qui accentue le ralentissement général de l'activité économique dans le pays.
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