Les marchés mondiaux des métaux précieux traversent une période particulièrement dynamique. Dans un contexte d'instabilité géopolitique, de pressions inflationnistes et d'affaiblissement des monnaies nationales, les investisseurs recherchent activement des valeurs refuges. Si l'or a déjà vu son prix augmenter de 60 % cette année, l'argent est le véritable moteur de cette croissance : son prix a bondi de 100 % depuis le début de l'année, selon Bloomberg.
La demande d'argent et d'or a fortement progressé en raison de la réticence des investisseurs à prendre des risques face à la pression de la dette sur les principales économies mondiales. On assiste alors à un phénomène de « spéculation sur la dépréciation », où les acteurs du marché transfèrent activement leurs capitaux vers des actifs tangibles capables de conserver leur valeur en période d'incertitude financière. L'argent s'est imposé comme une alternative clé, affichant une forte croissance de la demande.
Contrairement à l'or, principalement utilisé comme placement, l'argent joue un rôle essentiel dans la production industrielle. Ce métal est utilisé dans l'électronique, les panneaux solaires et les technologies médicales. Dans le même temps, les réserves mondiales d'argent sont proches de leurs plus bas historiques. La demande dépasse l'offre de façon constante depuis cinq années consécutives, faisant peser un risque de pénurie sur des secteurs clés.
La situation est compliquée par la stagnation de l'activité minière mondiale. Le Mexique, le Pérou et la Chine, les trois principaux producteurs d'argent, sont confrontés à une baisse de la qualité du minerai, à des obstacles réglementaires et à des restrictions environnementales. Parallèlement, la Chine et l'Inde demeurent les plus gros consommateurs de ce métal : leurs secteurs industriels ont un besoin important d'argent, et en Inde, la demande de bijoux en argent est également forte, ces bijoux étant perçus comme un moyen de préserver son capital.
Malgré la hausse rapide de sa valeur, l'argent reste beaucoup plus abordable que l'or, ce qui explique sa popularité auprès des investisseurs particuliers. Son cours a traditionnellement réagi à un large éventail de facteurs, allant des fluctuations des cycles industriels aux politiques énergétiques vertes. En période de croissance économique, la demande industrielle peut encore faire grimper le prix du métal.
Le marché a connu une volatilité particulière en octobre, pendant la période des fêtes en Inde, lorsqu'une forte augmentation soudaine de la demande a entraîné une hausse brutale du coût d'emprunt de l'argent et une flambée des cours. Dans le même temps, sur fond de rumeurs concernant d'éventuelles taxes américaines sur les importations d'argent, d'importants volumes de ce métal ont commencé à affluer sur le Comex. Cette situation a entraîné une diminution des stocks disponibles à Londres, où les prix ont temporairement dépassé les autres indicateurs mondiaux.
L'évolution du marché pourrait continuer d'être tributaire des décisions politiques. Suite à l'inscription de l'argent sur la liste des minéraux critiques par l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) en novembre, les opérateurs suivent de près l'éventuelle mise en place de taxes américaines. Si de telles taxes étaient instaurées, le marché pourrait connaître une nouvelle vague de volatilité et de nouvelles hausses de prix.
e-finance.com.ua
