Les États-Unis ont exhorté l’Ukraine à assouplir les restrictions sur les importations d’engrais potassiques en provenance du Bélarus. Par ailleurs, Washington demande à Kiev de contribuer à convaincre les pays européens de la nécessité de mesures similaires. C’est ce que rapporte Bloomberg, citant ses propres sources.
Il s’agit principalement du carbonate de potassium, un engrais très efficace et largement utilisé pour accroître les rendements agricoles. Avant l’instauration des sanctions occidentales, l’exportation d’engrais potassiques constituait l’une des principales sources de devises étrangères pour le Bélarus.
Selon Bloomberg, début 2026, les États-Unis avaient déjà partiellement allégé leurs sanctions sur les engrais biélorusses. Cette mesure s’inscrivait dans le cadre des accords conclus avec le régime du président biélorusse Alexandre Loukachenko, accords qui prévoyaient la libération de centaines de prisonniers politiques par les autorités biélorusses.
Cependant, la portée de cette décision reste limitée en raison des sanctions de l’Union européenne. Ce sont précisément ces restrictions européennes qui empêchent le Bélarus d’utiliser les voies logistiques traditionnelles via les ports de la mer Baltique. De ce fait, Minsk est contrainte de réorienter ses exportations d'engrais vers les ports et les infrastructures ferroviaires russes.
Selon des sources de Bloomberg, l'administration du président américain Donald Trump envisage un possible allègement des sanctions afin de réduire la dépendance du Bélarus à l'égard de la Russie et d'améliorer ses relations avec Minsk.
La Pologne et la Lituanie jouent un rôle crucial dans le transit des engrais bélarusses, leurs territoires étant auparavant empruntés par les principales voies d'approvisionnement. Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Kęstutis Budrys, avait déclaré que son pays et d'autres États de la région commençaient à subir des pressions américaines concernant le transit des engrais potassiques.
Par la suite, l'administration présidentielle lituanienne a tenté d'atténuer ces déclarations. Vilnius a souligné qu'il n'y avait pas de pression directe de Washington, mais seulement des discussions théoriques sur d'éventuels scénarios de modification de la politique de sanctions.
Parallèlement, la Lituanie n'envisage pas de lever l'embargo actuel sur le transit des engrais bélarusses. Le pays justifie cette position par des considérations de sécurité nationale, ainsi que par la nécessité de se conformer aux sanctions de l'Union européenne.
Le président lituanien Gitanas Nauseda a déclaré qu'il soutiendrait la prolongation des sanctions l'année prochaine. Selon lui, les autorités biélorusses n'ont pas modifié leur comportement et continuent de soutenir la Russie, ce qui rend tout allègement des restrictions prématuré.
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